source Debout La République
Interrogations autour d'une candidature hors-normes : Nicolas DUPONT-AIGNAN répond aux questions les plus fréquemment posées par les Français.
1 – Vous qualifiez votre candidature de gaulliste et républicaine. Cela a-t-il encore un sens au XXIème siècle ?
Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes tend à s’appliquer dans le monde entier mais est en train d’être refusé aux Français qui l’ont inventé ! Etre gaulliste, c’est tout simplement vouloir que notre peuple reste maître de son destin, maître chez lui de la conduite de ses propres affaires. C’est la base même de la démocratie. Etre républicain, c’est promouvoir une certaine idée de la France : « Liberté - Egalité - Fraternité », cela a un sens pour moi. Encore faut-il veiller à appliquer concrètement ces principes dans notre pays. Dans la jungle de la mondialisation, être gaulliste et républicain, c’est se donner les moyens de promouvoir l’humanisme.
2 – Concrètement, en quoi vos propositions sont-elles différentes des autres ?
J’appartiens clairement à la famille de la majorité car je ne crois pas que l’idéologie laxiste et de l’assistanat prônée par la gauche soit une bonne chose pour la France. Mais, au sein de cette majorité, j’exprime les idées gaullistes et républicaines, différentes aussi bien des idées libérales que centristes,
- Je crois à l’unité de la République, ce qui signifie que tous nos concitoyens vivent avec des droits mais aussi des devoirs. Cela signifie que je suis farouchement opposé au communautarisme, à la discrimination positive et au vote des étrangers. Je suis, à l’opposé, attaché à la laïcité, je suis pour l’application ferme de la loi. Je crois, de surcroît, à l’école du mérite comme à l’utilité des services publics dont le bon fonctionnement est indispensable à l’aménagement de notre territoire. Il est temps de privilégier ce qui rassemble à ce qui différencie.
- Si je suis convaincu que le progrès social ne peut que résulter de l’efficacité économique, je suis tout autant convaincu qu’il ne peut exister de dynamisme économique durable et sain sans justice sociale. L’un ne va pas sans l’autre. Face à la mondialisation qui est un fait, je ne crois pas au statut quo que propose la gauche car il conduit à la faillite de notre société, ni au nivellement par le bas proposé par les libéraux car il conduit à la mort de notre modèle social. Au contraire, par la réforme des relations du travail, la participation des salariés au capital de leur entreprise, le remplacement des charges qui pénalisent l’emploi et favorisent les délocalisations par une TVA sociale qui s’appliquera aux importations et pas uniquement aux produits français, je crois possible de renouer avec la croissance, l’emploi et le progrès social.
- Je crois à la nécessité de bâtir la construction européenne sur les Nations et non contre elles. La belle idée européenne, c’et celle des projets, de la recherche, des infrastructures de transports propres, la préférence économique communautaire. Autant dire, l’inverse de l’Europe que construit la Commission de Bruxelles, celle de la Constitution européenne avec sa boulimie de directives, Bolkestein ou autres, et de diktats en tous genres.
- Enfin, je crois à la nécessité en politique de proposer une vision sur le long terme. A gauche comme à droite, les élus se contentent de gérer la crise. Mais il faut voir plus loin. La crise des retraites ne peut elle pas être en partie résolue par une natalité plus vigoureuse ? La crise de l’immigration ne trouverait-elle pas réponse dans une aide au développement des pays du sud plus dynamique ? La crise de l’environnement ne pourrait-elle pas être atténuée par une politique énergétique, le développement d’une agriculture propre ou la construction d’infrastructures de transports en commun et de marchandises dignes de ce nom ?
De gauche, comme de droite, les dirigeants prennent souvent leurs décisions au gré de l’actualité et des groupes de pression. Ils pensent à ce qui est bon pour eux avant de penser à ce qui est bon pour la France. La démarche que je propose est originale car cohérente et globale. Les propositions formulées ne sont pas une addition de mesures. Elles forment une vision globale de notre société que je veux défendre résolument auprès les Français. C’est parce que les Français retrouveront le goût de vivre ensemble qu’ils défendront davantage leur modèle. C’est parce qu’ils retrouveront leur marge de manœuvre dans une Europe des Nations qu’ils pourront mettre en œuvre l’économie participative qui rend sa dignité à l’homme.
3 – Vos propositions paraissent simples. Trop simples, peut-être ?
Les solutions que j’avance sont soit de bon sens, mais ignorées par les politiques par lâcheté, soit nouvelles, mais en aucun cas simplistes. Prenez l’exemple de la TVA sociale : personne n’a osé depuis une quinzaine d’années y réfléchir sérieusement, tant elle bouscule d’idées reçues et de routine. Pourtant, c’est le bon sens que de vouloir faire contribuer les produits importés au financement de notre système de protection sociale ! Et puis, une telle mesure, si elle est intelligemment menée, pourrait avoir un puissant effet de levier sur la relance de l’économie française et permettre de faire reculer le chômage puis, dans un second temps, les prélèvements obligatoires. Voilà typiquement le genre de mesure forte qui démontre que l’impuissance publique (« contre le chômage, on a tout essayé » disait Mitterrand) n’est pas une fatalité comme l’affirme les candidats des partis de gouvernement, mais un choix délibéré pour préserver de « grands équilibres » - notamment européens - qu’ils sont en réalité, gauche et droite confondues, d’accord de maintenir malgré la volonté de changement des Français.
4 – Quelle différence avec Philippe de VILLIERS ?
Ma candidature vise à porter des idées. Je me refuse donc à critiquer mes concurrents et à entrer dans des conflits de personnes que par ailleurs je dénonce. C’est bien d’ailleurs pourquoi je désapprouve la stratégie politique de rivalité ouverte avec Jean-Marie LE PEN que Philippe de VILLIERS a choisie. Le Front National est fort car la classe politique traditionnelle lui a abandonné l’idée nationale qu’elle juge ringarde. Or, ce n’est pas en imitant LE PEN qu’elle rendra confiance à ses électeurs mais en allant honnêtement à la racine des problèmes et en offrant un vrai projet de changement pour le pays.
5 – Quelle différence avec Dominique de VILLEPIN ?
Dominique de Villepin a indiqué qu’il n’était pas candidat. C’est parfaitement légitime pour un Premier Ministre dont la première tâche est de gouverner. Je constate que Dominique de Villepin a du panache. Sur beaucoup de points, son analyse peut séduire certains. Mais, hélas, je constate que ses décisions – privatisation des autoroutes et d’EDF, ouverture des négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE – sont en contradiction avec ses objectifs. Je ne pense pas qu’il puisse continuer longtemps à faire le grand écart.
6 – Et avec Nicolas SARKOZY ?
Nicolas Sarkozy a le mérite d’avoir des idées et d’annoncer clairement son projet aux Français, mais il est favorable à des idées que je combats : communautarisme, discrimination positive, vote des étrangers, Europe fédérale, libéralisme intégral,... Ces options sont tout à fait respectables mais ne correspondent ni à ma philosophie ni aux attentes des Français. Je crois, comme Nicolas Sarkozy, qu’il faut une rupture car le modèle français est malade. Mais, lui souhaite le mettre à mort pour s’aligner sur une logique anglo-saxonne. Moi, je souhaite le réformer pour le revigorer
7 - Les élections ont lieu dans plus d’un an et demi. Votre candidature n’est-elle pas prématurée ?
Pas un jour ne passe sans qu’il n’en soit question et tous les candidats potentiels y pensent en se rasant ou non. Mais vous remarquerez que la plupart se nourrissent des combats de chefs et esquivent le débat de fond. Les Français ressentent bien que l’échéance de 2007 est fondamentale pour notre pays mais que la classe politique tente de verrouiller le débat qu’ils n’en finissent plus d’attendre. A chaque fois en effet que ce débat a lieu, à l’occasion du référendum par exemple, la classe dirigeante est désavouée par les Français. Je suis candidat pour aborder les vraies questions et je puis vous assurer que les 18 mois à venir ne sont pas de trop pour changer les choses !
8 – Vous êtes toujours contre tout ?
Je suis certes un élu qui réagit à l’actualité, critiquant mais aussi approuvant les décisions qui sont prises. Mais je suis aussi un élu qui propose. Avec Debout La République et les Parlementaires, ainsi que les élus locaux, qui en sont membres, nous avons rédigé des cahiers qui avancent des solutions pour résoudre les grands problèmes de la France. Mais malheureusement, dans notre pays, ce débat de fond n’intéresse pas toujours. On préfère retenir la petite phrase et la critique plutôt que la proposition. Si je suis candidat, c’est bien pour porter des idées républicaines et gaullistes dont, j’en suis intimement convaincu, les Français sont orphelins et qui ne sont représentées par personne d’autre. Que ces idées soient défendues par d’autres, plus capables que moi et, je vous l’assure, je ne serais pas candidat.
9 – En tant que membre de l’UMP, ne vous sentez-vous pas concerné par les primaires que Nicolas SARKOZY veut organiser ? Vous y soumettrez-vous ?
Comment se soumettre à une procédure qui n’existe pas ? Les statuts de l’UMP ne prévoient aucune procédure de désignation. Et pour cause : l’élection présidentielle n’est pas l’affaire d’un parti, mais celle d’un candidat face aux Français.
10 – Mais en vous présentant, ne risquez-vous pas de diviser la droite, de faire le jeu de la gauche ?
C’est au contraire en ne disant rien et en cautionnant silencieusement des décisions ou des comportements impopulaires que l’on fait le jeu de la gauche ou des extrêmes. Au-delà de la gauche et de la droite, au-delà du jeu des partis, l’élection présidentielle offre aux Français la possibilité de choisir l’homme ou la femme capable d’incarner l’intérêt général. Ce qui affaiblit la droite, ce sont les compétitions d’ego, les déclarations fracassantes pour imiter la gauche comme sur le vote des étrangers aux élections locales, les décisions malencontreuses comme la privatisation des autoroutes. Notre électorat attend des personnalités sérieuses qui abordent les vrais problèmes du pays et proposent des solutions concrètes, réalistes, cohérentes. On ne peut pas se plaindre de la montée des extrêmes, comme de l’abstention, et refuser l’émergence de nouvelles personnalités porteuses d’idées. Enfin, n’oublions pas qu’il y a deux tours de scrutin. Le premier tour, justement, permet d’exprimer sa préférence et de peser sur le projet du candidat de son camp au second tour.
11 – Vous êtes candidat, mais vous ne disposez pas d’expérience ?
De quelle expérience parlez-vous ? Si vous parlez de celle que l’on acquière dans l’antichambre des ministères ou au coeur des conciliabules à l’Elysée, effectivement, j’en suis totalement dépourvu ! Au reste, je constate, avec une immense majorité de Français, qu’il n’en est pas sorti grand-chose de bon pour la France depuis 20 ans. Pour ma part, je revendique la plus grande et la plus belle expérience : celle d’élu local, de Maire et de Député, qui agit efficacement parce qu’il connaît les problèmes de ses concitoyens. A l’heure où il est souvent, à juste raison, reproché aux « grands » d’être sourds aux attentes des Français, j’estime que l’expérience du terrain, depuis plus de 10 ans, est la vraie force de cette candidature.
12 – Qui vous soutient réellement, n’êtes-vous pas un peu seul ?
Isolé des dirigeants de mon parti, parfois oui. Mais, j’ai souvent le sentiment que c’est moi, et non l’UMP, qui est en accord avec ce que pense la majorité des Français. Alors, ne pas être reconnu par les adeptes de la pensée unique m’importe bien peu. D’autant que je peux compter sur le soutien fidèle de Députés et Sénateurs (je pense notamment au Sénateur Baudot de Meurthe et Moselle et aux Députés Patrick Labaune de la Drôme, François-Xavier Villain du Nord et François Guillaume de la Moselle), de centaines d’élus locaux, de milliers de sympathisants ou, tout simplement, d’anonymes qui viennent me voir ou m’écrivent pour échanger avec moi.
13 – Quel financement ?
Debout la République dispose d’un tout petit budget – 300 000 € - que nous consacrons à l’action militante. Les recettes proviennent essentiellement des adhérents et des dons qui nous sont consentis. C’est le prix de notre indépendance. Pour être totalement transparents, nous nous soumettons aux règles de financement de la vie publique qui imposent deux commissaires aux comptes et le contrôle de la Commission Nationale de campagne électorale et financement de la vie publique. La campagne présidentielle est par ailleurs financée en partie par l’Etat pourvu que j’obtienne les 500 signatures d’élus locaux.
14 – Dans ces conditions, quel score escomptez-vous ?
Le plus élevé possible. Tout dépendra de la capacité qui me sera donnée à exprimer mes idées pour qu’elles soient entendues des Français. Je vous le répète, au delà du score, ce qui est important pour moi est d’imposer dans le débat présidentiel des idées et des questions qui préoccupent les Français mais que les partis traditionnels esquivent depuis de trop longues années. Si j’y parviens, j’estime que j’aurai rendu service à mon pays et c’est bien cela qui compte à mes yeux.