Présentation

JBVNEWS54.jpg
Blog de Philippe CARTELLIER




Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /Juil /2009 12:15


La vraie reprise économique n’aura pas lieu de sitôt !

Latribune.fr 30 juin 2009

Point de vue J.-L. Gréau, J. Leddet, P. Cahen

Un an après le début du plongeon des économies développées, dans le sillage de la crise immobilière américaine et de la débâcle bancaire en Occident, les gouvernements des pays touchés prennent le pari de la reprise, avec l’espoir manifeste que leur optimisme stimulera les anticipations favorables des agents économiques. Mais trois raisons nous empêchent de leur emboîter le pas.


Les gouvernements des pays touchés par la crise ont l’espoir que leur optimisme affiché stimulera les anticipations des agents économiques. Rien n’est moins sûr, et ce pour trois motifs. Le premier est que les paramètres de la conjoncture restent globalement négatifs à la fois au Japon, en Amérique du Nord et en Europe occidentale, malgré les plans de soutien étatiques. Le deuxième réside dans la défiance qui paralyse un marché crucial, le marché interbancaire, malgré les gigantesques injections de liquidités des banques centrales et le soutien des gouvernements au système bancaire. Le troisième est la détérioration progressive des marchés de la dette, publique comme privée, signalant que les prêteurs ne sont plus sûrs de la solvabilité de certains Trésors publics ni de celle d’entreprises de premier plan. En effet, la récession en cours échappe à l’énoncé traditionnel. Tandis que la récession américaine de 2001 a procédé classiquement du surendettement des entreprises et de l’éclatement du marché des valeurs technologiques, la chute actuelle procède d’un surendettement dramatique des ménages et des entreprises dans différents pays. Elle s’accompagne de chutes vertigineuses de la production industrielle et d’entrées au chômage massives. Parallèlement, la sous-utilisation des capacités de production fait obstacle à la reprise de l’investissement.

Le tableau conjoncturel comporte deux autres facteurs négatifs négligés par les gouvernements. La forte croissance du chômage fragilise encore plus les ménages trop endettés. Dans le même sens, les banques opèrent une contraction progressive de leurs crédits  : il n’existe pratiquement aucun pays occidental où les encours de crédits augmentent. Or le redressement de l’activité requiert un accroissement des prêts aux agents économiques, spécialement aux entreprises.


C’est dans cette optique qu’il faut considérer le deuxième motif qui pousse à la circonspection : le marché interbancaire, dramatiquement tari à partir du second semestre 2007, n’a pas retrouvé son rythme d’activité antérieur. Si les taux pratiqués se sont rapprochés de la normale, voire sont devenus incroyablement bas sous l’impulsion quotidienne des banques centrales, les montants quotidiens traités restent désespérément faibles : quelques centaines de milliards de dollars, au lieu de 5.000 milliards avant la crise. Au vu de l’ampleur des créances douteuses inscrites dans leurs comptes — titres hypothécaires, prêts aux secteurs sinistrés, CDO, CDS ou autres LBO —, les banquiers ne se font toujours pas confiance entre eux.


Or le marché interbancaire est le plus important de la sphère financière. Il fonctionne comme l’ensemble coeurpoumons qui oxygène le corps humain. Son arrêt prolongé serait fatidique. Il aurait été judicieux de remédier à ce tarissement en ordonnant la reprise de l’activité sur la base d’une garantie des échanges interbancaires par les États concernés. Étatisation ? Bien moins en tout cas que la solution retenue, qui a consisté à placer les banques sous la perfusion des Trésors publics et sous la tente à oxygène des banques centrales. Ce faisant, le circuit primaire du crédit a été étatisé de facto, avec deux conséquences redoutables. Premièrement, le dérapage inouï des déficits et des dettes publiques, l’État étant devenu le premier emprunteur. Deuxièmement, le gonflement également inouï des créances acceptées par les banques centrales en contrepartie de l’argent frais qu’elles offrent aux banques commerciales.


Lire la suite sur le site de latribune.fr



Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
 
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés